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Les
axes de recherche
La
"fabrique" de la démocratie urbaine
La
mondialisation est porteuse de restructurations importantes
de l’ordre politique contemporain. S’il est certainement
hasardeux d’évoquer la fin programmée de l’Etat-nation,
il est par contre évident que celui-ci doit faire face à
des transformations notamment occasionnées par des
mouvements sociaux. Les revendications de ceux-ci sont à la
fois relativement classiques car elles portent en grande
partie sur les processus de redistribution de la richesse
entre groupes sociaux. On note également une plus grande
aspiration, aussi bien dans les pays développés qu’en
développement, en faveur de l’ouverture des systèmes
décisionnels locaux et d’une démocratisation des
politiques urbaines. C’est notamment dans ce cadre qu’a
été lancée la Décennie Mondiale pour l’Education au
développement durable dirigée par le secteur de l’Education
de l’UNESCO ou encore les programmes de recherche de l’UNESCO
sur les villes comme lieux de transformations sociales
accélérées, espaces de culture et territoires de la
démocratie.
Si certains auteurs ont
pu voir dans ces aspirations la « marque » de
certains groupes sociaux bien typés – car dotés d’un
capital social, culturel économique relativement élevés
-, on se rend compte également que cette dynamique est
très présente, y compris au sein de groupes sociaux
situés plus bas dans la structure sociale. Certains
dispositifs formels, comme le budget participatif de Porto
Alegre, favorisent l’exercice de la démocratie locale
en même temps qu’ils fixent un certain nombre de codes et
de règles qui sont autant de contraintes.
Cette Chaire s’intéressera
tout particulièrement à ces « outils » de la
citoyenneté en actes, dans une perspective comparée. On s’attachera
tout particulièrement à analyser les conditions
socio-politiques de leur création et on analysera la
portée réelle, en termes d’ouverture de la scène
décisionnelle urbaine. En effet, il ne s’agit pas d’aborder
ces « outils » dans une perspective enchantée.
On sait parfaitement qu’il ne suffit pas de promulguer de
nouveaux outils démocratiques pour les contraintes
politiques et culturelles à l’expression de la
démocratie disparaissent. Notre démarche abordera
notamment ces contraintes pour tenter d’envisager des
solutions pouvant les lever. Parmi les
« outils » analysés, on s’attardera tout
particulièrement sur les instruments juridiques – comme
la Charte des droits et responsabilités de Montréal, les
Conseils de développement tels qu’issus par la Loi Voynet
en France, la Charte européenne pour la protection des
droits de l’Homme dans la ville, le Statut de la ville au
Brésil ou encore la charte mondiale du droit à la ville,
en cours d’élaboration par certaines organisations non
gouvernementales.
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publications
L’accès
aux « biens communs »
L’exercice d’une
citoyenneté urbaine passe par l’accès, pour tous les
membres d’une même communauté politique, à des
« biens communs » indissociables des
« droits sociaux » (eau, transports,
assainissement, logement, …). L’égalité d’accès à
ces « biens communs » constitue une des
traductions de l’existence de droits sociaux qui sont au
fondement du contrat liant la société civile aux pouvoirs
publics. Parce qu’il s’agit de domaines considérés
comme fondamentaux pour la vie courante et indispensable à
toute dynamique de développement à la fois individuelle et
collective, les pouvoirs publics sont donc sommés de rendre
accessible, selon les mêmes conditions, ces « biens
communs ». Il s’agit là d’une question
fondamentale qui alimente de nombreux travaux des Divisions
de l’Hydrologie et de l’Ecologie du secteur des sciences
naturelles de l’UNESCO qui portent sur l’accès à l’eau
potable et à un environnement urbain sain pour tous.
On a longtemps pensé
que les pays en développement connaissaient des problèmes
spécifiques en la matière (urbanisation galopante, faibles
revenus du plus grand nombre des ménages, finances
publiques limitées, …). Or, il est devenu évident,
surtout au cours de la dernière décennie du XXè siècle,
que cette différence ne tient plus et que les pays
développés connaissent dorénavant des problèmes
similaires, même si leur ampleur est difficilement
comparable. Il n’en reste pas moins que les pays
développés sont confrontés à des processus de
paupérisation de segments entiers de leur société civile
qui pose également la question de l’égal accès aux
« biens communs ». Cette Chaire UNESCO visera
ainsi à analyser les politiques, les procédures mises en
œuvre, aussi bien dans les pays développés qu’en
développement, pour faire face à ce défi majeur qui
affecte la vie de centaines de millions de personnes dans le
monde et qui interpelle directement les objectifs du
Millénaire pour le développement. Par le biais de la
comparaison, on s’intéressera notamment aux mouvements
sociaux qui sont porteurs des revendications en ce sens et
à leur capacité « subversive ».
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publications
La
prise en compte de la diversité culturelle
Dans un contexte
caractérisé par la mondialisation et par la remise en
question de l’élaboration des politiques publiques à l’échelle
nationale, les villes ont renforcé leur rôle dans la
gestion de la diversité sociétale. Les villes
exercent déjà un rôle clé dans la mise sur pied de
programmes environnementaux de même qu’en matière d’inclusion
sociale et de développement économique et culturel. Leurs
champs de compétence ont été nettement augmentés que ce
soit dans le domaine, traditionnel, de la prestation des
services sociaux et de santé, ou encore, plus récemment,
dans le
maintien de l’ordre. L’une des évolutions le
plus notables de ces vingt dernières années portent sur
leurs référentiels d’action : lorsque la lutte
contre les inégalités sociales (et territoriales),
résultat de la structuration des rapports de classe,
prévalaient, c’est en termes d’accès aux services
publics et de besoins inassouvies des populations
marginalisées qu’il s’agissait de raisonner.
Dorénavant, cette approche par les besoins et la
distribution asymétrique des ressources entre groupes
sociaux se voit adjoindre la problématique du respect de la
diversité culturelle. Le contenu des aspirations et des
revendications adressées par certains segments des
sociétés civiles aux autorités politiques s’en trouve
changé. Parce que les métropoles constituent, comme l’ont
montré G. Simmel et l’école de Chicago
dès les années 1930, des territoires centraux dans l’expérience
de l’altérité, qu’elles sont le creuset de l’expression
des « minorités » politiques, elles occupent ce
faisant une place incontournable dans le débat actuel. La
structuration de ce débat diffère fortement,
historiquement parlant, d’un pays à un autre. Il reste
que l’UNESCO par la convention sur la protection et la
promotion de la diversité culturelle des contenus
artistiques adoptée le 21 octobre 2005 reconnaît à cette
question de la diversité culturelle une dimension
essentielle.
En
effet, alors que les problématiques de la diversité
culturelle et de sa délicate régulation ont remplacé
progressivement celles de la lutte des classes et du
compromis keynésien, nous assistons en ce début de XXIème
siècle à une nouvelle division du travail entre les
métropoles et les Etats pour ce qui est du traitement
politique, institutionnel, procédural des
« minorités politiques ». Par
« minorités politiques », nous entendrons ici
les groupes d’individus partageant des traits culturels et
socio-politiques particuliers à la base de revendications
identitaires (liés à la langue, aux croyances religieuses,
à l’appartenance ethnique, aux rapports de genre, aux
orientations sexuelles) et qui ont en commun d’être
confrontés à un même accès difficile au système
politique au sein des démocraties libérales. Cet accès
passe non seulement par l’inscription de leurs
revendications, de leurs attentes sur l’agenda politique
mais également par la captation de postes électifs au sein
des exécutifs. Comme on a pu le montrer, les villes
constituent un vecteur à partir duquel se redéfinissent
les relations entre communautés culturelles, entre groupes
sociaux dominants et minorités politiques.
A l’inverse, elles peuvent être également, selon les
circonstances, les cultures politiques locales, les
contextes institutionnels des territoires de stigmatisation,
de rejet de ces « minorités ». C’est dans l’analyse
de ces deux configurations, des politiques et des pratiques
de non discrimination vis-à-vis des
« minorités » que l’on entend situer cette
partie du programme de la Chaire dans le but de favoriser la
diffusion des outils juridiques, des solutions
institutionnelles, des procédures efficaces.
Cette
partie du programme de recherche se focalisera sur la
nouvelle économie politique qui se cristallise
progressivement autour le rôle que jouent les métropoles
dans cette dynamique d’ensemble. Il ne s’agit pas
uniquement de s’intéresser aux communautés issues de l’immigration
mais d’élargir l’objet de recherche à l’ensemble des
minorités politiques qui actuellement, dans des contextes
institutionnels très différents, font pression pour que
leur accès aux systèmes politiques soit renforcé et
utilisent pour ce faire le registre de la diversité
culturelle en tant que répertoire de mobilisation et d’action
légitime au sein des démocraties libérales.
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L’empowerment
à la base d’un nouveau contrat social
Si le terme n’est
guère traduisible en français, l’empowerment, comme d’autres
termes passe-partout au contenu rendu très plastique du
fait d’une utilisation non raisonnée, connaît un succès
très important depuis plusieurs années. Alors que les
inégalités sociales ne cessent de s’accentuer, le terme
sert à désigner un ensemble de transformations majeures
aussi bien dans la manière de mener les politiques de lutte
contre la pauvreté que le cadre analytique à travers
lequel l’individu et les groupes sociaux – compris comme
des sujets politiques – envisagent leur rapport à la
puissance publique et en premier lieu à l’Etat. Pour
aller à l’essentiel, alors qu’un mode de pilotage de l’action
publique qualifié de stato-centré montre des signes
évidents d’essoufflement, l’empowerment vise à
renverser les rapports classiques de domination entre l’Etat
et la société civile par le biais de transfert de
ressources politiques et de capacité d’organisation. Si,
très généralement, la construction des Etats modernes s’est
traduite par un processus d’étatisation de la société,
plus ou moins marqué selon les pays,
la puissance publique intervenant en situation surplombante,
il s’agit par le biais de l’empowerment de remettre en
question le caractère intrinsèquement asymétrique dans l’économie
de ces échanges à partir de deux arguments
fondamentaux :
-
cette asymétrie est, d’un point de
vue fonctionnelle, inefficace car elle conduit à la
reproduction des
rapports de domination entre groupes sociaux.
-
De plus, elle est politiquement
infondée car les sociétés contemporaines, dans les
pays développés comme en développement ont tendance
à s’émanciper de leur rapport à l’Etat en
imposant à ces derniers de nouvelles contraintes et en
remettant en cause leur légitimité même.
L’empowerment
constitue une stratégie particulièrement soutenue par les
grandes organisations internationales comme la Banque
Mondiale ou le Fonds Monétaire Internationale dans leurs
« nouvelles » politiques de développement qui
visent à s’adresser directement aux populations les plus
démunies. L’UNESCO utilise également cette approche
vis-à-vis des femmes afin de rééquilibrer les rapports de
genre ou encore dans certains programmes d’éducation non
formels utilisant les nouvelles technologies de
communication (par exemple en Asie au Sri Lanka, au Laos, en
Thaïlande). On
retrouve de plus en plus ce type de mesure dans les pays
développés Appréhendé à partir de ces registres de
justification, on serait ainsi tentés d’accorder à l’empowerment
des vertus subversives d’une portée inégalée touchant
à la fois au contenu des politiques publiques et surtout à
la transformation de l’ordre politique à travers la
recomposition des relations entre l’Etat et les citoyens.
Comme pour les autres chantiers de recherche, il s’agira d’analyser
les conditions politiques, économiques, sociologiques à
partir desquelles des stratégies d’empowerment sont
élaborées et d’en évaluer les impacts sur la
redéfinition des rapports entre la puissance publique et la
société civile.
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publications

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